Transizione 1989

une parente civile, celle issue du Pater à une parente naturelle, qui était soit ce que nous appelons la parente cognatique, soit la parente par les femmes. Seule la première permettait la transmission intégrale des statuts et des droits. Néanmoins la filiation civile im- pliquait conception et naissance naturelles... Dans notre droit de la filiation jusqu ’ en 1972, la filiation légitime, issue du mariage civil s ’ opposait à la filiation naturelle: l ’ une et l ’ autre étaient également naturelles, du point de vue génétique et biologique. L ’ objet de tout système de filiation est donc de classer, d ’ ordonner et de ren- dre compte du bien social, en tant qu ’ il résulte de l ’ engendrement et de fictions d ’ engendrement. Le nombre des possibilités «méca- niques» de combinaison des relations élémentaires est limite, et parmi les six modes possibles de filiation quatre seulement sont courants. Il est possible d ’ imaginer d ’ autres possibilités, et Fon suivra Nadine Fresco, qui dans une communication au colloque «Les fonctions du pere» (1987, M.I.R.E./CNRS, à parafare) relatait avec ironie les efforts de groupes féministes surtout anglo-saxons pour promouvoir des enfantements sans pére, en évitant bien en- tendu les pièges du pouvoir médical: dans un premier temps une insémination manuelle entre femmes avec donneur anonyme, puis une sélection des filles — implicitement par élimination — ; dans un second temps, si la science va assez vite, Finterfécondation de deux ovules, réalisant ainsi "File aux femmes, Fauto-enfermement (...) comme la réponse absolue aux tentatives médiévales de conjura- tion patriarcale» {Pour échapper aux pères, évitons les fils. p. 20, op. cit.). Qui ne voit que nous avons à faire à l ’ univers du fantasme, comme le note l ’ auteur, et que ces propositions reconstituent de très anciens thèmes de la fiction plus qu ’ elles n ’ ouvrent à des nouvelles formes d ’ organisation. L ’ expérience, limitée mais réelle, des couples homosexuels élevant des enfants montre un étonnant mimétisme des ròles traditionnels bi-partitionnés, que Fon peut qualifier de rassurant ou de navrant, mais qui n ’ invente guère. Il est un autre aspect de la filiation que révèlent les études ethnologiques et qui nous éloigne de la problématique courante du désir d ’ enfant, seul, à deux ou à plusieurs, c ’ est sa dimension trans-parentale. Aucun des systèmes de filiation n ’ existe sans référence à un au-delà de la relation dyadique entre parents et enfants, soit que Fon reconnaisse une lignée qui relie les morts aux vivants, les ancétres aux descendants, soit que Fon fonde par d ’ autres moyens la profondeur temporelle de la généalogie. Autre- 125

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