Transizione 1989
delle n ’ empèche pas son pére de demeurer oligo — ou azoo — sperme. Un bébé qui naìt après des FIV laisse ses parents tout aussi stériles vis à vis d ’ une future naissance, sauf s ’ ils recom- mencent un nouveau traitement. En outre, et nous y reviendrons à propos des taux de succès, une grande partie des couples qui entrent dans les programmes FIV par exemple, en ressortent sans enfants (70% des cas environ d ’ après les chiffres australiens de 1987 pour la FIV). Répétons-le; les PMA ne guérissent pas les couples stériles. Elles se bornent à fournir, métaphoriquement parlant, un traite- ment symptomatique de V infertilite: des enfants , dont certains courent le risque de de venir des enfants-prothèses, leur fonction inconsciente étant alors de cacher la stérilité de leurs parents, mais sans la réparer pour autant. Mon hypothèse de départ, corroborée par mon expérience cli- nique, est la suivante: les procréations artificielles semblent sou- vent comparables à des prothèses. Leur but est de corriger un handicap, le handicap physique et psychique de la stérilité mascu- line et fémmine des parents potentiels, puis des parents réels, puis de réhabiliter une fonction, la fonction procréatrice, qui a été perdue, pour cause de maladie ou pour cause souvent inconnue. Mais si ces techniques ne remplissent qu ’ une fonction opératoire, elles risquent de ne produire que des «enfants de remplacement», des «enfants bàtons-de-vieillesse», des «enfants anti-mort», bref, des «enfants thérapeuthiques», comme le dite le langage populaire. En termes plus sophistiqués, si ces techniques de remplacement empèchent le deuil de la fertilité de s ’ effectuer, leur résultat res- semblera, en bonne logique prophétique, à un «cautère sur une jambe de bois», non à un enfant con$u sous les meilleurs auspices. A la manière, par exemple, d ’ un oeil artificiel qui, on le sait, ne remplace pas la fonction de voir, mais masque seulement le fait que l ’ individu est borgne... La question psychologique devient alors de savoir si les enfants «artificiels», nés de ces techniques, ont plus de risques que d ’ autres de devenir des «enfants-prothèses». Quand on parie du devenir de ces enfants, le discours habituel, y compris chez les psychanalystes, consiste à dire: «on ne saura quelque chose sur eux qu ’ en Fan 2020, 2050, c ’ est-à-dire quand ils auront eux-méme procrée». Les plus grands enfants IAD en France ont actuellement une quinzaine d ’ années. Les enfants FIV, 134
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