Transizione 1989

eux, sont plus petits. En Australie, l ’ année dernière, j ’ ai observé dans leurs familles des enfants FIV de 4 à 6 ans; il existe des études conduites par des pédo-psychiatres australiens 1 sur leur premier développement. Cela ne permet pas, évidemment, de tirer des conclusions définitives. Si Fon veut faire une étude épidémio- logique sérieuse, elle ne peut avoir lieu que dans 25 ans. C ’ est ainsi que, par exemple, maintenant, après enquéte longitudinale sur Fadoption, on sait qu ’ il y a, parmi les filles qui on été adoptées enfants, une forte proportion de femmes qui sont devenues stériles; cela, on n ’ a pu le montrer qu ’ après plusieurs générations. N ’ oublions pas cependant que Fon a tout de mème un certain nombre de données cliniques, sur les enfants IAD tout d ’ abord, qui sont suivis depuis longtemps par des pédiatres, et à propos desquels il existe quelques études fran$aises et étrangères. Ces études n ’ ont rien de particulièrement alarmiste: elles montrent que ce sont des enfants «comme tout le monde», méme s ’ ils ont quelques problèmes, spécialement d ’ ordre psychosomatique quand ils sont jeunes. Le paradoxe des procédures de procréation artificielle réside — ne l ’ oublions pas — en ce qu ’ elles ressemblent à des traitement médicaux, mais qu ’ elles ne sont pas des traitements. Insistons: elles créent des enfants bien réels, aussi réels que les enfants abandonnés, en attente d ’ adoption, mais qui, eux, à la différence des premiers, n ’ ont pas été créés exprès pour Fadoption (au moins on l ’ espère!). Or, dans la philosophie de Fadoption, la notion d ’ in tére t de Venfant est, on le sait, prédominante. On ne se polarise pas spécialement sur le bénéfice que l ’ enfant pourra apporter au couple adoptant, mais essentiellement sur le bénéfice que Venfant aura à étre adopté. Est-ce si difficile de faire aussi de l ’ intérét de l ’ enfant la valeur première en procréation artificielle? Pourquoi, par exemple, ne pas considérer avec un regard aussi scientifique que possible la question des bénéfices et des risques, dans le cas d ’ un enfant longtemps attendu? On sait depuis longtemps que les enfants nés après de longs traitements de stérilité seront, certes, très aimés parce que très désirés, mais, (surtout s ’ ils restent uniques), qu ’ ils auront aussi à supporter l ’ agressivité, l ’ ambivalence de leurs parents pour s ’ ètre fait si longtemps attendre et leur avoir causé tant de souf- frances. Les enfants de couples stériles sont des «enfants à risque», il serait malhonnéte de le gommer. De méme qu ’ il parait un peu «léger» de faire comme si les enfants FIV, par exemple, n ’ étaient 135

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