Transizione 1989
Résumons, pour répondre à notre interrogation initiale, les facteurs potentiels de risque chez les enfants «artificiels». Je distinguerai deux types de problèmes: Certaines naissances posent des problèmes de filiation atypiques et soulèvent, par conséquent, la question des secrets de famille. Tels sont les cas où un co-géniteur est impliqué (donneur de sperme dans le cas d ’ I.A.D., donneuse d ’ ovules ou donneur de sperme dans certains cas de F.I.V.). Une sous-classification doit étre faite, selon que le co-géniteur est anonyme ou non. Dans notre système cul- turel, il n ’ existe pas actuellement d ’ études approfondies sur la que stion de l ’ anonymat des donneurs. En attendant ces études indi- spensables, on maintient l ’ anonymat du donneur; il existe néan- moins un peu partout une pratique de dons intra-familiaux (frère du pére, soeur de la mère — en dehors des Institutions — ) où l ’ anonymat n ’ existe évidemment pas. Ces naissances soulèvent dans tous les cas le problème des secrets de famille. Les psychana- lystes savent que les problèmes de filiation, les « squelettes dans le placard» sont de véritables secrets de polichinelle. Or les enfants ont des antennes extraordinaires pour entendre le non-dit. Quant au secret, il renvoie, lui, à un terrain plus connu, celui de Tatti tude des parents devant le problème de la ver ite généalo- gique attitude dont psychanalystes et pédopsychiatres savent qu ’ elle sera decisive pour le développement de l ’ intelligence et de la personnalité de l ’ enfant. On connait de nombreux cas où se jouent des secrets de famille: les enfants adoptés, adultérins, in- cestueux, légitimés, les cas où il y a eu une naissance hors mariage, le suicide d ’ un membre de la famille, la mort d ’ un enfant antérieur etc.,. On se doute que l ’ étude de ces histoires fournit de précieux éléments de réflexion pour évaluer le devenir des enfants I.A.D., F.I.V., etc... Ce n ’ est pas en effet la technique qui est la question essentielle, mais l ’ élaboration mentale qui peut ou non s ’ opérer chez ceux qui la vivent. Or ces enfants à problèmes de filiation interrogent tous, à un moment ou à un autre, leur entourage, avec des questions, mais aussi avec des symptómes. En generai, l ’ enfant sait qu ’ on lui cache qudiche chose, mais ne sait pas quoi, ou fait semblant de ne pas le savoir puisque c ’ est un sujet tabou. Mais il se sent exclu du savoir familial, d ’ ou parfois un blocage du développement de Vin telligence, comme si le fait de ne pas avoir accès à un élément de 138
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