Transizione 1989
connaissance faisait «tache d ’ huile», l ’ enfant «préférant» ne plus rien savoir du tout (en classe, par exemple, certains de ces enfants cessent de comprendre le mécanisme de la division à Fecole pri- maire). On les considère parfois comme des débiles, alors que ce sont en général des pré-psychotiques. Aussi la question est-elle de bien réfléchir sur le devenir de ces enfants «habités» par des tiers, sachant qu ’ il existe un risque d ’ «irrepérage parental» inhérent à ces situations, risque qui peut se traduire par des inhibitions in- tellectuelles ou des troubles psychosomatiques. Les psychanalystes ont parfois un peu rapidement «noyé le poisson» en affirmant que c ’ était seulement le «roman familial» de ces enfants qui risquait d ’ ètre légèrement différent. Mais peut-on vraiment dire que le roman familial d ’ un enfant qui a cinq parents se constituera nor- malement? Comment peut-on fantasmer sur une goutte de sperme anonyme, sur le «coit in vitro» d ’ un spermatozoìde et d ’ un ovule provenant de deux inconnus? Rappelons qu ’ o/z ne fait le deuil que du connu. Comment cet enfant, devenu adulte, pourra-t-il élaborer des représentations paternelles, maternelles, et surtout quelles représentations de la sexualité aura-t-il avec tous ces compo- sants dont aucun ne relève d ’ une sexualité relationnelle? Après avoir, personnellement, considéré le secret lié à l ’ I.A.D. de fagon assez assurée 4 , je le considère maintenant de fagon moins simple: que deviendra la question du donneur anonyme, lorsque l ’ enfant sera devenu parent lui-méme? On peut faire ici référence aux travaux de Piera Aulagnier sur la genèse de la psychose: ils montrent que l ’ incapacité des parents à tenir un discours vrai sur la filiation, loin de préserver l ’ enfant, peut l ’ obliger à combler par un «pictogramme» — processus dé- lirant primaire — les failles, les manques du discours parental par où transparait le non-dit 5 . Il y a d ’ autres types de naissances qui ne mettent pas, celles-ci, en cause l ’ adjonction d ’ un géniteur. Ce sont celles qui surviennent après de longues années de sterilite, et après des traitements très lourds, telles les ovulations rebelles, forcées par des inductions, telles évidemment les naissances par FIVETE qui se situent aussi, pour la plupart, au terme d ’ un long et pénible parcours rempli d ’ examens de toutes sortes, d ’ opérations, d ’ espoirs dégus... Il faut ici comprendre que le succès d ’ une FIVETE, au sens medicai du terme (c ’ est-à-dire la naissance d ’ un ou plusieurs enfants bien consti 139
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