Transizione 1989
DON DE GAMETES, DON DE SANG: MOTIVATIONS INDIVIDUELLES ET SENS SOCIAL DES DONS BIOLOGIQUES
Simone B. Novaes
Dans un article pam en 1978 x , Frangois-André Isambert, Paul Ladrière, et Jean-Paul Terrenoire, fondateurs de l ’ équipe à la- quelle j ’ appartiens, ont cherché à établir les bases dune sociologie de l ’ éthique: ils refusaient de concevoir celierei comme un secteur de la sociologie, qui viendrait se rajouter à la sociologie de la famille, du travail, de la médecine, ou autres, et dont le contenu concernerait surtout la morale. En effet, ceux qui la pratiquent peuvent choisir comme terrain de recherche des faits sociaux qui posent explicitement à une société, entre autres choses, des que- stions morales: ainsi peut-on citer, comme problèmes particuliers de notre société, l ’ avortement, la peine de mort, l ’ expérimentation sur les sujets humains ou encore le problème qui nous réunit ici aujourd ’ hui, les techniques de fécondation artificielle. Ce serait pourtant trop restreindre le champ de la sociologie de l ’ éthique que de l ’ identifier uniquement aux problèmes portant d ’ emblée un label «éthique» ou «moral». Dans une perspective durkheimien- ne, tout fait social a une dimension éthique (à laquelle il ne se réduit pas), qui traduit les contraintes nécessaires à la structura- tion de la vie sociale. Dans cette perspective, la dimension éthique d ’ un fait social peut étre explorée dans ses aspeets publics et institutionnels. Com- ment des enjeux personnels deviennent-ils des questions publiques? Quels moyens la société crée-t-elle pour les gérer? Qui est per^u comme ayant acquis dans le contexte de ces conflits des compé- tences éthiques? On peut également inclure dans ce champ, des pratiques sociales dissidentes qui impliquent une orientation 161
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