Transizione 1989

L ’ enquéte en question, menée auprès de donneurs réguliers de sang, portait sur la pratique d ’ insémination artificielle et son corollaire, le don de sperme 8 . Entre autres choses, nous avons demandé à 52 hommes et à 23 femmes d ’ exprimer leur opinion à l ’ égard du don de sperme et de comparer cette démarche, telles qu ’ ils l ’ imaginent, à celle du don de sang. (D ’ autres dons que celui du sperme et du sang n ’ ont pas été envisagés par l ’ enquéte mais, dans la discussion, certains interviewés les ont d ’ eux-mémes intro- duits). Ce qui nous a amene à envisager avec les personnes in- terviewées, la question de leur motivation au don de sang. Dans ce cadre, deux questions ont été posées: 1. pourquoi donnez-vous votre sang? et 2. dans quelles circonstances avez-vous été amené à donner votre sang pour la première fois? A la première question correspondait souvent une réponse de type altruiste, et divers types d ’ arguments sont mis en avant. Par exemple, le donneur se dit conscient de l ’ existence d ’ un besoin de sang, légitime parce que vital et urgent: il s ’ agit d ’ un enjeu de vie ou de mort. Ou le donneur attribue son geste à une obligation sociale de penser aux autres — mémes inconnus — et de subvenir à leur besoin. (Certains donneurs évoquent méme l ’ idée de rendre •le don de sang obligatoire, en particulier pour les conducteurs de véhicules). Parfois, le donneur expliquera son don par un souci de s ’ assurer de la réciprocité d ’ autrui en cas de besoin propre: «on ne sait jamais... on peut toujours en avoir besoin soi-méme». Par contre, la deuxième question suscitait la description d ’ une situation précise qui donnait un sens particulier (et non universel) aux propos tenus dans le discours altruiste. Ces descriptions peuvent étre regroupées de la fagon suivante: 1. Poursuite d ’ une tradition familiale ou émulation d ’ une per- sonne proche ou estimée. Certaines personnes viennent de familles où plusieurs membres sont ou ont été donneurs de sang; elles disent donc qu ’ il leur paraitrait «bizarre» de ne pas continuer cette tradition, et ceci d ’ autant plus que le parent du méme sexe est lui-méme ou elle- méme donneur(se). Le don de sang exprime la capacité du donneur ou de la donneuse à assumer à son tour des tàches qui relèvent de 166

Made with FlippingBook Online newsletter creator