Transizione 1989

l ’ appartenance familiale et qui sont attribuées à son sexe; il signifie la vitali té et la continuité d ’ une lignee. Une variante de cette motivation se manifeste lorsque l ’ appel au don de sang vise un groupe, tei qu ’ une entreprise ou une école. Les personnes sollicitées font une démarche de groupe, par esprit de solidari té ou de fraternité avec leurs amis ou collegues de travail. Il arrive que certains s ’ y joignent par peur de s ’ isoler du groupe en se révélant «froussards»; mais quel que soit le sens intime de chaque démarche, le donneur démontre ainsi le souci de marquer son appartenance à un groupe en faisant comme eux. 2. Réponse à un appel au don de sang lié à la maladie ou à un accident d ’ une personne proche. Le premier don a parfois eu lieu lorsqu ’ un membre de la famille, un ami, un collègue de travail ou de sa famille s ’ est trouvé avoir besoin d ’ une transfusion sanguine. La démarche de don corre- spond donc au besoin d ’ une personne proche, connue. Le besoin auquel le donneur se réfère a pu aussi avoir eu lieu dans le passé, à un moment où celui-ci, enfant, n ’ était pas encore éligible au don de sang; cet événement ne constitue pas moins pour le donneur une explication et une justification de sa démarche actuelle. 3. Nécessité de remplacer un non-donneur dans son obligation auprès d ’ une personne proche. Certaines personnes disent avoir été motivées à leur premier don par des situations où une personne, qu ’ elles considéraient proche d ’ un malade et donc «logiquement» plus susceptible à se porter volontaire pour un don, refusai! ou se trouvait dans l ’ im- possibilité de le faire. Leur don devait venir donc combler la défaillance ou les impossibili tés d ’ autrui. 4. Acquittement d ’ une dette à l ’ égard de la médecine. Certaines personnes évoquent, comme motivation au don de sang, une dette qu ’ ils auraient eux-mèmes contractée à l ’ égard de la médecine: celle-ci les aurait «remis en état» ou leur aurait «redonné la vie» à la suite d ’ un accident qui a failli étre mortel ou qui, en tout cas, risquait de les laisser gravement handicapées. Ils lui doivent donc, en retour, un geste salvateur. Ainsi ce premier don apparaìt comme un geste qui exprime la reconnaissance par le donneur d ’ un devoir moral bien défini, du 167

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