Transizione 1989
neurs de sang s ’ étayait sur les résultats d ’ une Ctude, faite par la banque de sperme de l ’ Hòpital Necker sur sa population de don- neurs de sperme: celierei montrait que 59% de leurs donneurs de sperme étaient par ailleurs des donneurs de sang 10 . Il y avait entre sang et sperme un lien évident, mais dont les articulations possibles méritaient une investigation. Ainsi, parmi les donneurs de sang que nous avons interrogés (en prenant en compte uniquement les 52 réponses des hommes): — 19 hommes pensaient qu ’ ils pourraient donner du sperme aussi facilement qu ’ ils donnaient leur sang; — 10 hommes ont fait une distinction nette entre les deux types de don et on été généralement hostiles à Videe d ’ un don de sperme; — 21 hommes sont restés indécis ou ambivalents. Sans entrer dans les détails de ces entretiens, on peut faire ressortir les éléments suivants: 1. Ceux qui semblaient favorables à un don de sperme y voyaient une ressemblance avec le don de sang — désignant les deux substances comme «liquides de vie» — et donnaient une légitimité égale au «besoin de sperme» et au «besoin de sang». Ces hommes, pour la plupart mariés avec des enfants, accordaient dans leur propre vie, une grande importance à leur fécondité (preuve de virilité, d ’ un statut d ’ homme) et auraient pour la plupart véc;u eux-mèmes la sterilite comme une catastrophe. L ’ in- sémination artificielle leur paraissait une solution légitime pour les couples stériles (mais non pas pour eux-mèmes). 2. Ceux qui se sont opposés au don de sperme n ’ accordaient pas de légitimité, ni à la pratique à laquelle ils étaient appelés à contribuer, lui préférant comme plus appropriée la solution de l ’ adoption; ni à l ’ idée d ’ une rareté du sperme. De plus, le besoin d ’ enfant ne leur paraissait ni urgent, ni vital. Ces hommes sem blaient donner une moindre importance à leur fécondité dans leur définition d ’ eux-mèmes (un certain nombre ne souhaitait pas procréer); mais parce qu ’ ils associaient le sperme à l ’ idée d ’ une descendance propre, des enfants leur ressemblant, il leur était impensable de donner de leur sperme à d ’ autres, de «procréer ailleurs». 3. Ceux qui étaient indécis pouvaient se trouver dans trois cas 169
Made with FlippingBook Online newsletter creator