Transizione 1989
de figures: ffs n ’ acceptaient pas les conditions exigées pour un don de sperme (par exemple, l ’ anonymat); ils n ’ étaient pas cer- tains de l ’ acceptabilité sociale d ’ une telle pratique, qui leur évo- quait des comportements sexuels immatures ou interdits (par exemple, l ’ homosexualité ou l ’ adultère); ils semblaient soucieux eux-mémes de leur propre fécondité, puisqu ’ ils n ’ avaient pas encore eu eux-mémes d ’ enfant. Le résultat de ces diverses attitu- des était une impossibilité pour l ’ homme interviewé de s ’ imaginer comme donneur de sperme, et de ce fait de donner une opinion sur sa conduite éventuelle face à une demande de don. Ainsi la possibilité d ’ envisager un don biologique particulier semble étre déterminée par le sens et la valeur que le donneur attribue à la chose donnée; par la manière dont celierei participe à sa définition de lui-méme, son image corporelle et son statut social; et par la validi té que le donneur accorde à sa mise en cir- culation pour en faire bénéficier autrui. Il peut éventuellement faire un lien entre deux types de dons en leur trouvant — au niveau du sens — un dénominateur commun («liquides de vie»), qui justifie la mise en circulation autant de l ’ un que de l ’ autre. Quant à l ’ impossibilité d ’ envisager un don biologique parti culier (remarquons en passant que certains donneurs de sang deviennent ainsi des non-donneurs de sperme), elle semble étre liée piu tòt à une serie de facteurs qui contribue à rendre flou, incertain le sentiment d ’ un devoir à l ’ égard d ’ autrui: 1. le non-sens attribué au don d ’ une chose qu ’ ils pergoivent comme trop importante (sperme = enfant) ou trop peu importante (du sperme, il y en a partout) pour la mettre en circulation; 2. l ’ incertitude de ne pas venir à manquer soi-méme de ce dont les autres ont besoin (identification avec les receveurs, les ma- lades); 3. le manque de légitimité accorde à une pratique, parfois conj-ugué à une méfiance à l ’ égard des activités de l ’ intermédiaire médical. Ce dernier point soulève le problème des rapports entre les donneurs et les institutions médicales intermédiaires (banques de sang ou de sperme). Car si dans l ’ imaginaire le don est fait au profit dune personne inconnue — geste qui se soutient de l ’ exem- ple d ’ un besoin connu du donneur — , le don se fait en réalité 170
Made with FlippingBook Online newsletter creator