Transizione 1989

LE COMITÉ CONSULTATA NATIONAL D ’ ETHIQUE: UN BILAN FACE A L ’ HISTOIRE

Claire Ambroselli

Faire un bilan du Comité consultati! national d ’ éthique (CCNE) en novembre 1988 n ’ est pas simple. Première instance d ’ éthique nationale et permanente à étre créée au monde en 1983, le CCNE est une instance originale encore difficile à saisir dans ses fon- dements. Il est trop tòt pour avancer une première évaluation d ’ une instance nationale fondée sur l ’ éthique simplement à partir de ses travaux. Sa missioni «donner son avis sur les problèmes moraux qui sont soulevés par la recherche dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé,... organiser un débat annuel sur les problèmes d ’ éthique dans le domaine des sciences de la vie et de la santé, au cours de laquelle les questions importantes qui s ’ y rapportent sont abordées publiquement,...» (art. 2 et 7 du Décret de création) ouvre des horizons qui ne sont pas discerna- bles, ni communicables autant à l ’ intérieur, qu ’ à l ’ extérieur de son enceinte. L ’ éthique de chacun n ’ est pas assimilable à l ’ éthique d ’ une communauté malgré leur dépendance évidente, elle est en core moins assimilable à un «comité d ’ éthique» qui ne prendrait pas en compte cette éthique de chacun. Personne ne peut repré- senter personne d ’ autre que soi-méme quand il s ’ agit d ’ une éthique qu ’ on peut définir avec Michel Foucault comme fondée par «des pratiques de soi»; une éthique fondée avant tout sur les pratiques que chacun méne. Mais comment évaluer, dans l ’ histoire d ’ un comité national d ’ éthique qui a moins de dix ans, l ’ éthique qui est la sienne et celle des autres? C ’ est sans doute mon propre còtoiement quotidien, personnel et professionnel, qui m ’ a rendu si sensible aux questions qui tou- chent davantage à la fondation de ces comités d ’ éthiques qu ’ à leurs travaux encore difficiles à évaluer: comment l ’ éthique a-t-elle 315

Made with FlippingBook Online newsletter creator