Transizione 1989

LE DEBAT ETHICO-JURIDIQUE EN FRANCE

Catherine Labrousse Riou

«De ce qui ne peut se dire, il faut débattre», écrivait Christian Atias. Mais comment débattre, c ’ est-à-dire argumenter prò et contra, afin de choisir et d ’ énoncer le jugement de l ’ Ethique ou du Droit, et non bavarder à l ’ infini, sur ce qui ne peut se dire, c ’ est-à-dire se penser. Comment penser l ’ embryon congelé, le temps arrété, suspendu à la décision arbitraire décidant d ’ un improbable destin singulier. Comment penser la parthenogenèse du genòme humain annoncée par un chercheur frangais comme la réponse à la steri lite masculine, évitant le recours à un donneur de sperme \ Com ment penser une éthique dans la fabrication technique de la vie humaine, qui ne soit pas de pure intention subjective, c ’ est-à-dire toute-puissance du désir ou de la volonté rationnelle programma trice, mais jugement sur la réalité. Une psychanalyste francaise, Monette Vaquin, dévoile, dans la puissance des technosciences, leur logique du factuel et du passage à l ’ acte, l ’ engrenage d ’ un développement incontròlable parce qu ’ a- éthique, et dénonce «le gel de la pensée... la mise en échec de la nomination» 2 . Ce qui n ’ exclut ni la logorrhée d ’ un débat qui s ’ étire en tout sens depuis quelques années en France, où tout a été dit et con- tredit, ni la langue de bois, ou l ’ occultation de tout discours qui dérange lorsqu ’ il domande raison de ce qui nous arri ve d ’ inouì: à savoir que la société qui a produit l ’ humanisme et les droits de l ’ homme, est aussi celle qui s ’ assigne une maìtrise du vivant capable d ’ éradiquer, à la source méme, ce qui fait notre humanité — c ’ est-à-dire selon B. Edelman, notre capacité «de penser non seulement que l ’ homme peut étre inhumain mais encore qu ’ il peut nier cette inhumanité au nom de son humanité mème 3 .

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