Transizione 1989

lisation est amnésique. C ’ est la première civilisation évoluée, savante, informée, c ’ est la première maitresse civilisation qui d ’ une certaine fagon affranchit l ’ humanité mais l ’ affranchit de ce dont celle-ci a besoin, d ’ àme et de pensées de l ’ àme. Il s ’ y pratique un travail d ’ éradication majeure. On n ’ a jamais vu làcher ainsi l ’ huma nité dans sa bétise native» (pp. 30-31). Et ailleurs «l ’ univers dénué de toute explication s ’ étale devant les fauves que nous sommes et il n ’ offre qu ’ un avantage, c ’ est qu ’ il est à prendre». Exemple: de fait les gamètes, les embryons, sont à prendre, objets privés d ’ àme, il suffit de les gérer selon l ’ utilité sociale qu ’ on en attend. «Nous voici devant nous mémes, modernes. Nous sommes en bonne partie des étres ne pouvant plus, tels des insectes, que con- siderer à sens unique l ’ objet que notre instinct désigne et que braquer de ce còte la totalité de notre vision. Déjà l ’ histoire était pieine d ’ esprit de lucre. Nous n ’ avons donc par nature que trop de dispositions à l ’ immoralité c ’ est-à-dire à conformer sans aucune dérogation nos actes à nos désirs selon la stricte ligne de projection de ces derniers. L ’ immoralité c ’ est de l ’ automatisme. Cela n ’ a certes pas commencé avec nous, mais il s ’ agit aujourd ’ hui d ’ une complaisance de civilisation. Peuple privé des profondeurs du jugement, ou l ’ on ne voit plus que les projections bornées de ses fantasmes sous la forme des objets finis auxquels il correspond». Exemple: Le Droit privé de son jugement, de son ròle de garde- fou dont atteste la timidi té ou le silence de la législation. Le droit dénigré comme principe fondateur et limitatif du pouvoir dont attestent les propos si fréquents de scientifiques tournant en ridi- cule les lois qui assigneraient des limites à la science. «Nous sommes de la civilisation de la positivité. Le secret de celle-ci est que l ’ àme ne contemple pas mais observe et guette avidemment. Par un autre aspect, ce n ’ est plus aujourd ’ hui la civilisation de la personne mais c ’ est celle de l ’ individu, et ce der- nier sait exactement ce qu ’ il veut parce qu ’ il l ’ a devant le nez. L ’ individu est un étrange animai. Je ne dis pas la personne; je dis l ’ individu. Nul n ’ intéresse un individu si ce n ’ est lui-méme, de sorte que le plus souvent, en lui, aucune àme ne pése auprès de 205

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