Transizione 1989

grave — ouvre ainsi la porte au nom du bien de l ’ enfant à un eugénisme extensif. Contradictions enfin entre tous ceux qui pensent qu ’ à travers l ’ embryon est en cause la notion mème d ’ humanité, l ’ avenir de l ’ espèce, et les représentations anthropologiques et religieuses des sources de la vie et qui requièrent l ’ intervention rigoureuse de la loi et de dispositifs de contròie. Et d ’ autres qui dénient toute compétence au législateur, tournent en ridicule les lois prohibitrices et veulent poser en principe, la libre recherche scientifique consi- dérant que les débats sur ce thème ne servent qu ’ à se faire peur inutilement. Contradictions juridiques enfin entre ceux qui induisent de la liberté limi tee de l ’ avortement, le droit de traiter de fagon géné- ralisée l ’ embryon comme un objet, et ceux qui, conformément à la loi frangaise, pensent que, en ne punissant pas pénalement l ’ IVG dans certaines circonstances, la loi ni ne fonde un droit subjectif de la mère ni ne préjuge de la personnalité du foetus et qui, fidèles à la conception fran^aise de la liberté tiennent celle-ci pour incessible et indisponible, sans quoi l ’ individu au nom mème de sa liberté pourrait s ’ aliéner. — Ces contradictions et à ces questions neuves que posent l ’ em bryon in vitro, le Comité National d ’ étique a recherché des ré- ponses ou des compromis acceptables dans un de ses avis les plus longs et les plus argumentés rendu en décembre 1986. Mais ceci reste insuffisant et il faut aller plus loin car le con- cept de personne potentielle et de dignité humaine sur lesquels Favis se fonde, sont discutés et débattus. L ’ avis n ’ est pas et c ’ est normal généralement respecté si bien que le secours du Droit fort autant que souple s ’ impose. b) Quelle s peuvent è tre les bases méthodologiques et ontolo- giques du droit? La difficulté philosophique de définir objectivement ce qu ’ est une personne et jusqu ’ à quel seuil on peut reconnaitre la présence d ’ une vie personnelle, incline alors le juriste à s ’ en remettre à des fictions, là où la réalité défalile pour lui fournir des indications certaines. Fictions non arbitraires car en couvrant l ’ ignorance ou en ne se liant pas à des indicatifs, elles sont le support nécessaire d ’ une représentation de la vie et du sujet permettant, par l ’ insti- tution de celui-ci, de protéger celle-là, sans pour autant confondre

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