Transizione 1989
la personne avec son destin biologique. Le droit y est habitué: en présumant l ’ enfant congu 300 jours avant sa naissance, et à ce titre capable d ’ étre sujet de droit, la loi va jusqu ’ à affirmer l ’ exi- stence de la vie sur le néant (il est bien rare que l ’ acte générateur de la conception ait eu lieu en ce moment ultime du 300è jour). Ces fictions ne sont cependant pas déni de la réalité puisqu ’ aussi bien il leur faut, pour jouer leur ròle, que la naissance viable, s ’ ensuive: faits qui se constatent et se définissent médicalement. La question qui se pose aujourd ’ hui, aux deux bouts de la chaìne, est paradoxalement de permettre, gràce aux fictions instituant le sujet dans ses limites, à ces faits — naissance ou mort — de se produire et d ’ empécher que les pouvoirs sur la vie ne mènent au déni de la réalité. Mais par la fiction, la réalité prend un sens et accède à un au delà d ’ elle mème qui autorise le jugement de valeur et l ’ énoncé de normes de conduite en fonction d ’ une signification de l ’ existence humaine, puisqu ’ aussi bien le propre de l ’ humain est de préférer le sens de la vie à la vie elle méme. C ’ est alors seulement que le précepte fondamental de la pri- mauté de la vie induit de l ’ interdit également fondamental du meurtre, se transfigure en la primauté de la vie humaine, laquelle peut autoriser, dans des limites précises et contrólées, que le respect de l ’ humain l ’ emporte sur le respect de la vie dont l ’ inhu- manité aurait été précisément relevée. Quelles fictions faut-il alors affermir ou inventer pour circon- scrire les frontières du sujet en dega de l ’ existence plénière de la personne? Comment ensuite définir le jeu du principe et des exceptions, ou plutòt l ’étendue et les limites du respect de la vie humaine? Ces deux questions peuvent justifier des réponses différenciées selon que l ’ on considère Tetre humain en ses débuts ou au terme de son existence. Car le problème de l ’ utilisation scientifique reste le méme. 1. En ses débuts, l ’ évolution des pratiques scientifiques (fécon- dation in vitro, diagnostics prénataux) et sociales (contraception et procréation volontaire) conduisent à affirmer que la responsabilité des adultes envers l ’ embryon ou le foetus humains et la vocation à la vie humaine de ces derniers s ’ imposent dès la conception dès lors que celle-ci est connue, reconnue en fait ou en droit (par
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