Transizione 1989
l ’ effet de la fiction de sa conception 300 jours avant la naissance). Il ne s ’ agit pas de dire que le zygote humain est une personne; il n ’ est peut étre pas indispensable de dire qu ’ il est une personne potentielle ou une potentialité de personne, encore que les di- mensions organique, relationnelle et symbolique ou sociale soient repérables dès ce moment là; il s ’ agit d ’ affirmer que, participant au genre humain et appelé à devenir une personne dont l ’ auto- nomie et l ’ altérité s ’ imposent à tous, l ’ embryon doit ètre traité comme une personne et qu ’ il ne dépend pas d ’ un projet procréatif singulier de l ’ investir d ’ une subjectivité respectable car le respect dépendrait alors seulement de l ’ intention et du pouvoir arbitraire de ceux qui l ’ ont congu. Il suffirait de le concevoir comme un objet, à des fins de recherche expérimentale par exemple, pour que cesse le principe de son respect et la fiction qui le soutient. Presumer qu ’ un étre humain en voie de personnalisation existe dès la conception et appelle un traitement analogue à un sujet doué de conscience créerait une fiction differente de celle qui consiste à partir d ’ une naissance viable. Car cette fiction là a pour point de départ la naissance, pour fixer ensuite, en remontant le temps, la date de la conception, et le point de départ de la personnalité juridique. Or cette règie traditionnelle qu ’ il faut conserver, ne permet pas de se prononcer sur la légitimité des pouvoirs qui s ’ exercent sur la vie embryonnaire ou foetale avant la naissance. Celle-ci résulte de la qualification de l ’ enfant congu, de la fiction d ’ une présence d ’ un sujet humain. — l ’ Adage «infans conceptus...» renvoie à l ’ idée d ’ une «per sonne possible», cette possibilité étant purement factuelle ou relevant du pouvoir de l ’ homme. Or pour que ce pouvoir là soit oriente, finalisé, il faut qu ’ au possibile purement factuel, s ’ ajoute «le potentiel» ou «la puissance d ’ étre» impliquant pour autrui responsabilité et devoirs. On pourrait alors discuter longuement sur le vocabulaire le plus adequati personne par destination, personne future, person ne potentielle, ou en puissance; l ’ essentiel étant que par là l ’ enfant congu se différencie du produit humain, de l ’ animal (bien meublé), de la chose, et que la nature en soi de sa puissance oppose, en raison méme de sa dépendance, une réalité réductrice de la toute puissance de ceux dont il dépend. Il cesse alors d ’ étre, comme aujourd ’ hui, une «personne sous condition simplement potesta tive». L ’ extension, conceptuellement fondée, du principe «noli me 223
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