Transizione 1989

tribunaux en avaient jugé autrement, puisqu ’ ils avaient décide que l ’ incarnation du personnage avait disparu avec lui. Autrement dit, conclut la cour, nous sommes uniques et notre identité s ’ éteint avec notre vie. Mais, surtout, notre identité gìt dans nos cellules et nos gènes. Et pour preuve de son assertion la cour cite un extrait d ’ un ouvrage d ’ un biologiste (Gordon Edlin) d ’ où il résulte que «le génotype personnel contient toutes les instructions génétiques essentielles au développement humain, à la croissance, à la reproduction... Tous les traits humains, à savoir le poids, la force, la grandeur, le sexe, la peau, la couleur, la texture des cheveux, le groupe san- guin, l ’ intelligence et les aspects de la personnalité (par exemple le tempérament), sont en fin de compte déterminés par l ’ infor- mation con tenue dans l ’ ADN» (p. 33). Si donc les tribunaux ont protégé un personnage — tei Dracula — comment pourraient-ils refuser, a fortiori, de protéger le matériel génétique «qui révèle plus profondément l ’ essence de ce qu ’ il y a d ’ unique dans un su jet mieux que le nom ou le visage?» (id). La conclusion s ’ impose: «Un patient doit avoir, par devers lui, le pouvoir supreme de contròler le destin de ses cellules. Admettre le contraire ouvrirait la porte à une intrusion massive dans sa «privacy» et dans sa dignité au nom du progrès médical» (id). On peut faire ici plusieurs observations. Tout d ’ abord, on l ’ a déjà vu, la cour n ’ était pas tenue de répondre comme elle l ’ a fait au moyen des défendeurs. Il lui suffisait de rester dans la stricte logique du droit de propriété. La seconde observation relève une contradiction qui semble bien dirimante. Dans la logique de la propriété, les cellules sont des choses et, plus précisément, des biens mobiliers corporels (tangible personnal property). Rien d ’ étonnant qu ’ on puis se alors les négocier, les transférer etc;... Mais, dans la logique de la «privacy», les cellules contiennent l ’ identité mème de l ’ individu: elles ne sont pas une part de lui méme elles sont lui-mème en personne. Or l ’ homme ne peut se vendre, sous peine de se réduire à l ’ état d ’ esclave et les cellules sont donc hors du commerce juri- dique. Dès lors, et c ’ est la troisième observation, la cour n ’ a pas ou n ’ a pu choisir entre les deux fondements. Soit on est dans la logique de la propriété et l ’ homme, à la limite, peut se vendre;

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